Un nouveau métier

Thana Doula

 

Ou plutôt un concept ancien modernisé puisque la “doula” existe depuis la nuit des temps dans de nombreuses cultures. Ce sont des femmes expérimentées et reconnues par leur sagesse, qui assistaient les personnes au moment de la naissance et de la mort en soutenant les familles. Les doulas, nom grecque signifiant “servante” ou aussi matronnes qui veillaient le défunt , le préparait et consolaient les endeuillés.“Sage-femme de fin de vie”, “guide de transition” ou “accompagnante de l’âme”.

La doula fin de vie d’aujourd’hui ou thanadoula est l’héritière de cette tradition réactualisée en 2000 à New York débouchant sur la première formation professionnelle “death doula”. Il n’existe cependant aucun diplôme officiel ni de formation standardisée mais des certifications pour exercer ce métier. Une pratique encore trop méconnue en France, cependant elle a pris un essor depuis la pandémie Covid et elles sont davantage présentes chez nos voisins canadiens, au Royaume-Uni et aux Etats Unis.

Même si chaque doula de fin de vie a son fonctionnement, ses spécificités, son savoir-faire aussi nous avons toutes un même savoir être et une posture professionnelle qui se veulent sécurisantes pour la personne que l’on accompagne. Souvent, nous travaillons de façon indépendante cependant notre pratique s’appuie sur le respect d’un cadre légal déontologique et éthique guidé par de grandes notions de secret professionnel et secret partagé, protection de la vie privée et confidentialité, droit à un consentement libre et éclairé, principe de non-nuisance, l’égale considération, non-assistance à personne en danger…

C’est une accompagnante avant tout dans le voyage de la vie pour apaiser la tourmente et rendre significatif chaque moment et ce jusqu’au dernier souffle.

Ainsi, c’est une professionnelle non médicale qui propose un accompagnement personnalisé aux malades, aux mourants et à leur entourage, avant, pendant et après le décès, et à tous les passages délicats de vie de façon holistique.

Son intention est d’apporter un soutien informationnel, physique, émotionnel et même spirituel. Sa mission c’est de comprendre les besoins et préoccupations spécifiques de chacun et/ou son environnement pour les aider à traverser ce chemin difficile en offrant une présence bienveillante, une écoute attentive, une guidance basée sur les potentiels et ressources de l’aidé. C’est insuffler force et douceur dans le respect du rythme de chacun.

Elle est une précieuse alliée qui accompagne le processus qui peut durer des mois voire des années. La présence de l’accompagnante est non médicale car n’administre pas les traitements/médicaments, n’assure pas d’actes médicaux ni de surveillance des signes vitaux. Elle est complémentaire aux autres professionnels impliqués ainsi ne remplace aucun professionnel ni soignant et encore moins la famille.

C’est offrir un espace d’échanges, d’expression et aussi de création permettant de :

– libérer la parole, d’exprimer/recueillir les émotions, les ressentis, les angoisses et questionnements, préoccupations et pensées – reconnaître les difficultés, le besoin d’aide

– développer l’espoir

– faciliter et encourager les discussions, les réflexions autour du sujet délicat de la mort, de la vie, la complétion des dernières volontés, des souhaits de soins, des projets de vie pour apprivoiser la mort et soulager les angoisses, et faciliter le processus de deuil.

– aider à personnaliser à célébrer d’une façon particulière ce qui semble important : réaliser des derniers vœux, accomplir une pratique/rituel/cérémonie avant et après la mort qui fait sens pour l’aidé

– accéder à plus de clarté pour prendre des décisions éclairées en lien avec valeurs et préférences

– se libérer d’une charge et trouver une paix intérieure pendant cette période sensible

– épargner les proches déjà impactés

– construire une relation de confiance permettant un partenariat/une figure familière pendant cette traversée

C’est garantir une présence réconfortante et optimiser les soins de confort non médical pour une qualité de vie et possiblement rendre réalisable le mourir à domicile.

C’est permettre d’assurer une continuité entre tous les intervenants impliqués, faciliter la communication avec les prestataires de santé et de soins, soutenir la coordination des rendez-vous médicaux, faire le lien entre le mourant, son entourage et les soignants très sollicités en veillant à ce que le confort et la dignité de la persone soient prioritaires.

C’est offrir une présence un répit pour le proche aidant et accompagner le processus de deuil pour appréhender et cheminer vers l’apaisement .